Biographie


 

ANNEXE 5

LES BOMBES ET MISSILES AIR-SOL

 

C’est l’ère des bombes guidées laser (BGL); la précision chirurgicale. Au tapis des bombes nécessaires autrefois pour neutraliser un objectif, la bombe à guidage laser est venue prendre la relève. Elle est bien adaptée à la destruction d’objectifs ponctuels comme des ponts, centres de communications, QG opérationnels et bunkers... Le largage de la BGL se fait en vol rasant à une distance de l’objectif pouvant atteindre 8 à 10 km et à grande vitesse. Grâce à une nacelle Atlis (Automatic tracking laser illumination system) qui contient une caméra de télévision et un illuminateur laser, le pilote acquiert sa cible et l’illumine. Il peut également la faire illuminer par un opérateur au sol. Dès l’arrivée dans le domaine du tir, la bombe est larguée, et sur sa trajectoire balistique vers la cible, elle effectue une poursuite laser automatique grâce à son autodirecteur.

Le missile AS 30 Laser de l’Aérospatiale
On peut parler d’une véritable "révolution" pour ce missile d’Aérospatiale qui avait été systématiquement utilisé par les Jaguar des forces françaises à chacune de leur sortie, ou presque. Il paraît que son efficacité était supérieure aux prévisions: alors que celle-ci était évaluée à 90% "la porte du bunker visée a bien été touchée dans 94,5% des cas", affirment d’ores et déjà certains experts. Ceux-ci soulignent, en outre, que ce taux de succès a été obtenu à une distance de tir de 8 à 10 km qui assurait l’entière protection des Jaguar, en marge, bien sûr, de l’habileté des pilotes. Cela explique, pour une grande part, qu’aucun de ses avions n'ait été abattu: tiré à vitesse supersonique (Mach 1,5), l’AS 30 Laser fonce très rapidement sur un objectif qu’il ne peut guère rater: il est, en effet, doté d’un autodirecteur qui suit un pinceau laser braqué sur la cible par le pod de désignation "Atlis" qu’avait réalisé Thomson. Enfin, la puissance de destruction de l’AS 30 Laser a été encore plus importante qu’on le pensait, celui-ci ayant parfois permis de perforer des épaisseurs de 2 mètres de béton avant d’exploser...

Le missile Maverick
Ce missile américain à guidage laser avait équipé les avions américains dans leurs missions de bombardement. Bien qu’il puisse percer une épaisseur de 2 mètres de béton, il est resté inefficace avec les sites souterrains de l’Irak, car leur carapace en béton,
supérieure aux normes de l’OTAN, dépassait souvent les 2 mètres.

Le missile air-sol HARM (High Speed Anti-Radiation Missile)
Allant à une vitesse de Mach 3, il est conçu pour se guider sur les émissions des radars adverses. Son rôle est de réduire à l’impuissance les batteries de missiles antiaériens en détruisant leur capacité de détection des cibles.

Le missile ALARM (Air Launched antiradar Missile)
Même rôle que celui du missile Harm. L’Alarm est largué en parachute avant qu’il ne se dirige vers sa cible. Il fait partie de la panoplie du Tornado.

Beluga (la bombe à sous-munitions)
Ce type de bombe conçue par Matra permet de larguer en un seul passage 151 grenades antipersonnel ou antichars de 66mm. Sa mise en œuvre a montré qu’il est possible de viser une zone modulable au choix du pilote en constituant un tapis de grenades de 240 m sur 40 m ou de 120 m sur 40 m.

La bombe Durandal (Française)
L’arme qui avait paralysé l’aviation irakienne: fabriquée par Matra, cette bombe antipiste a le système le plus original pour détruire les pistes des aérodromes.

Elle a été mise en action en premier par les Américains qui en ont acheté 6000 exemplaires. Largué d’avion, à basse altitude et à grande vitesse, le Durandal (un cylindre de 2.5 m de longueur et de 220 kg) augmente son angle de la piste, puis accélère jusqu’à 270 m/s (970 km/h) avant de s’enfoncer dans le sol. Sa vitesse lui permet de percer tous les revêtements existants. Ce n’est qu’une fois sous la surface que sa charge de 15 kg s’active.

Résultat: ce n’est pas un simple trou qu’il faut combler, mais une grande partie du revêtement, soulevée par le souffle, qu’il faut refaire. Raffinement: on peut programmer l’explosion de la charge plusieurs minutes ou plusieurs heures après l’impact.

La bombe JP 233 (Anglaise)
C’est une bombe anti-piste, elle se fragmente avant d’atteindre le sol : 30 bombes dévastent le revêtement et 215 mines antipersonnels s’enfoncent dans le tarmac.

La bombe MK 82 (Iron Bomb)
C’est une bombe classique, à grande détonation, pouvant transpercer 40 mm de blindage ou 4 mètres de béton armé.

La bombe BLU-82 (anti-mines)
Surnommée par les militaires américains "Daisy cutters" (la tondeuse des marguerites), cette bombe avait été utilisée dans la guerre du Vietnam surtout pour faire dégager des pistes au sein des jungles afin que les hélicos puissent atterrir (d’où son surnom). La bombe BLU-82 contient de 5,7 à 6,7 tonnes d’explosifs. Elle est larguée par l’arrière des Hercules C 130 ou des B-52 et freinée par des parachutes. Elle explose à quelques mètres du sol. La puissance de la déflagration est telle que l’onde de choc déclenche l’explosion de la plupart des mines antipersonnels ou antichars se trouvant à proximité.

La bombe GBU-28
Cette bombe de 2,3 tonnes est destinée aux destructions souterraines. Elle est capable de transpercer 30 mètres de sable ou 6 mètres de béton. C’est une bombe qui a été conçue et réalisée lors de la "Tempête" en un temps record (17 jours), à la demande des responsables militaires américains à Riyad, suite à l’inefficacité de la bombe BLU-109 (une tonne) envers les fortifications souterraines irakiennes.

La bombe FAE "Fuel Air Explosive"
Les Alliés l’avaient utilisée dans la guerre du Golfe pour le dégagement des champs de mines irakiens. Ce sont d’effrayantes bombes à effet de souffle qui aspirent tout l’oxygène autour de leur surface d’impact et par suite asphyxient tout être vivant dans un rayon de plusieurs centaines de mètres. C’est l’arme absolue contre les fortifications enterrées. Surnommée "la bombe atomique du pauvre", son effet de souffle gigantesque détruit tout, et la combustion des molécules d’oxygène provoque l’étouffement des défenseurs, même abrités aux fonds des bunkers.

La séquence du largage:

  1. L’avion largue un container (CBU cluster bomb) contenant 3 bombes (BLU).
  2. Le container s’ouvre.
  3. Première explosion: formation d’un nuage aérosol à base d’essence.
  4. Un détonateur à retardement enflamme le nuage à quelques mètres du sol.

Les effets:

  • L’explosion aspire l’oxygène de l’atmosphère. Les soldats abrités dans les bunkers et les véhicules blindés sont tués.
  • Les ondes de choc font sauter les champs de mines et détruisent tout sur 1 kilomètre carré.
  • Le choc électromagnétique coupe les communications.

Annexe 6 - Imprimer - Sommaire