Biographie


 

CHAPITRE 1

LE CONFLIT DU GOLFE

 

2 août 1990 : les chars irakiens envahissent en quelques heures le petit émirat du Koweït.

Pourquoi cette violation irakienne du droit international ?

Depuis très longtemps, l’Irak planifiait pour ce hold-up, mais ce sont quelques prétextes immédiats qui l’ont poussé à déclencher l’offensive. D’abord, il a accusé le Koweït de piller une partie du pétrole irakien, du pétrole soi-disant "volé" parce qu’il est pompé des gisements qui se situent à la frontière entre les deux pays. L’Irak a également reproché au Koweït de ne pas respecter les quotas de production fixés par l’organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP), et de vendre au détriment de l’Irak beaucoup trop de pétrole à faible prix. Par ailleurs, il voulait que le Koweït lui fasse cadeau des 15 milliards de dollars prêtés durant les huit années de guerre Irak-Iran, de 1980 à 1988.

Mais les véritables raisons sont en réalité plus anciennes. L’Irak n’a jamais accepté le découpage britannique de l’ancien empire ottoman en 1922, découpage qui, en créant le Koweït, n’a laissé à l’Irak qu’un étroit accès maritime au golfe persique. Et surtout, l’Irak voulait s’emparer des richesses fabuleuses de cet émirat sans défense, à peine peuplé, mais le plus riche du monde par ses ressources pétrolières (100 milliards de dollars placés à l’étranger). L’Irak a un besoin énorme d’argent, malgré les 15 milliards de dollars que rapporte la vente du pétrole irakien chaque année. On doit reconstruire un pays en partie détruit par la guerre contre l’Iran, entretenir une énorme armée (1 million d’hommes pour un pays peuplé de 17 millions d’habitants).

A l’époque de l’empire ottoman (qui a dominé le Moyen-Orient pendant cinq siècles), le Koweït dépendait de la préfecture de Basra, ville aujourd’hui irakienne. C’est sur ce point d’histoire que l’Irak a basé sa revendication territoriale sur le Koweït. Mais il est également vrai que le Koweït avait à sa tête, depuis le XVIIe siècle, une seule et même famille régnante, les Al Sabah, dont l’émir actuel est un descendant.

Ayant déjà dominé les puits de pétrole de l’émirat et en menaçant les autres émirats et notamment l’Arabie Saoudite, l’Irak était en passe de devenir le maître absolu du pétrole, donc de l’économie mondiale, surtout que la région du Golfe est une véritable éponge de pétrole; on y trouve 65% des réserves du monde. Pour les Etats-Unis, l’Europe et beaucoup d’autres puissances, c’est une question vitale, car leur pétrole vient essentiellement de cette partie du monde.

Pour les Nations Unies, c’était un des rares problèmes qui a été élaboré aussi rapidement et condamné unanimement. Sanctions économiques rigoureuses, embargo, blocus et surtout la décision de l’envoi de troupes en Arabie Saoudite pour protéger la région d’une éventuelle attaque irakienne en première phase et qui fut plus tard une opération pour le contraindre à quitter l’émirat.

Les pays arabes ont dans l’ensemble fait chorus avec l’Occident pour contrer les projets de domination de l’Irak. L’Egypte, la Syrie et le Maroc avaient envoyé des troupes en Arabie Saoudite. Mais ces gouvernements se sentaient d’autant plus mal à l’aise qu’ils soutenaient un Occident qui n’a jamais ménagé son appui à Israël. Or, ce même Occident n’a jamais expédié ses forces pour faire respecter les résolutions des Nations Unies.

Voilà en quelques pages, l’histoire d’un désert qui a commencé par un "Bouclier" et qui s’est terminé par une "Tempête".

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