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CHAPITRE 17 SUN TSZU ET LA "TEMPÊTE" |
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Offert en 512 avant J.C. par Sun Tszu, conseiller Chinois, au roi Helu, du royaume chinois du Wu, "l’Art de la guerre" fut le premier ouvrage à faire l’analyse des principes d’une stratégie victorieuse. Que dit Sun Tszu? Il faut faire de façon à ronger la force de l’adversaire, tout en attendant avec patience l’occasion favorable pour engager le combat. Ce qui permet au piqué de l’oiseau de proie de détruire sa victime, c’est le fait qu’il fond sur elle au bon moment. Pour assurer sa domination sur l’ennemi, il convient donc d’abord d’épuiser son économie, de le duper par des négociations charlatanes, de chambarder ses alliances et de fléchir son moral par des intoxications convenables... Sun Tszu attache aussi la plus grande importance au recueil des informations exactes et complètes sur les intentions de l’adversaire: le dernier des treize articles de "l’Art de la guerre" est entièrement consacré à l’utilisation des agents et des autres facteurs d’influence. Car "celui qui connaît son ennemi et se connaît lui-même mènera cent combats sans risques. La réussite totale de cette première phase permet au bon général de soumettre l’ennemi sans combattre". Si cette stratégie de dissuasion n’est pas suffisante, c’est l’affrontement. La puissance numérique a alors moins d’importance que la faculté d’adaptation, la surprise et la rapidité: "il n’a jamais existé d’opérations prolongées qui aient été avantageuses pour le pays". Partisan de l’attaque des points faibles du dispositif adverse, inventeur de la retraite stratégique devant un ennemi plus puissant, Sun Tszu cherche déjà à minimiser le coût humain et financier de la guerre. Où en
est Sun Tszu dans ce désert? Cette doctrine est inspirée par la stratégie directe de l’anéantissement de l’adversaire, dont les batailles napoléoniennes constituent les preuves parfaites. Mais au lendemain de la guerre du Vietnam, le général Gray, commandant en chef du corps des Marines, avait rédigé de nouveau les manuels de combat de ses officiers, en s’inspirant de l’essentiel de la pensée de Sun Tszu. Cette nouvelle doctrine a été nettement remarquée lors de l’attaque terrestre de la guerre du Golfe, où les Marines ont évité toute tentative de débarquement sur la côte koweïtienne, jugée hyper défendue, comme ils ont su éviter l’attaque frontale qui n’était autre qu’un leurre pour tromper les Irakiens. Les Irakiens, eux aussi inspirés de Sun Tszu, ont beaucoup appliqué de ses principes; l’utilisation massive des leurres, la dissuasion des pays voisins par les missiles de longue portée Scud, la menace perpétuelle de l’utilisation des armes non-conventionnelles (chimiques et bactériologiques)... Ce n’était que du pur Sun Tszu. Le penseur chinois estime aussi qu’il faut, au moment du combat décisif, couper toute possibilité de retraite à ses troupes, pour les forcer à lutter avec l’énergie du désespoir ou le combat pour la survie (struggle for life). A l’inverse, une armée victorieuse, écrit-il, doit toujours laisser une porte de sortie à l’adversaire. Hélas, dans la "Tempête du désert" , ce n’était ni l’une, ni l’autre! On devrait peut-être commencer à lire dans un nouveau document signé "Norman Schwarzkopf"... |