Biographie


 

CHAPITRE 2

LE BOUCLIER DU DÉSERT

 

En envahissant le Koweït dans la nuit du 1er au 2 août, l’Irak n’imaginait pas que la réponse de la communauté internationale serait immédiate. En moins d’une semaine, la tenaille économique se referme sur Bagdad ; dès le premier jour de l’occupation du Koweït, les avoirs de l’Irak et du Koweït sont gelés dans la plupart des pays occidentaux, Washington annonce un boycottage économique total de l’Irak et Moscou suspend toute livraison d’armes à Bagdad. Le 4 août, la CEE décide un embargo sur les importations de pétrole irakien et koweïtien. Toutes ces mesures ont été couronnées par douze résolutions de l’ONU concernant le blocus et l’embargo.

Pour faire respecter ces mesures, les Américains décident, à partir du 7 août, l’envoi massif de leurs troupes en Arabie Saoudite. L’opération "Desert Shield" (Bouclier du Désert) vient de commencer, opération d’une ampleur sans précédent depuis la guerre du Vietnam.

Plusieurs pays condamnent l’Irak, vingt-huit dépêchent des renforts formant ainsi avec les Américains ce qu’on a appelé "la Coalition" : les Américains convergent leurs navires de guerre vers le Golfe, ils y acheminent presque un demi-million d’hommes, 2500 blindés et 1500 avions. Un dispositif encore plus puissant que celui qu’ils avaient mis en place au plus fort de la guerre du Vietnam. Avec les armées coalisées qui épaulent cette gigantesque armada, ce déploiement terrestre, naval et aérien n’a sans doute pas eu d’équivalent depuis la Deuxième Guerre mondiale.

 Au cours de cette opération, les Américains affichent une supériorité technologique et logistique absolue. Ils gèrent cette crise à leur rythme et décident l’offensive aérienne lorsqu’ils savent qu’il ne manque pas un écrou au dispositif.

Dans cette phase du conflit s’étendant du 2 août au 15 janvier, trois faits ont été remarqués sur le plan militaire :

  1. La mise en place d’abord, d’un dispositif en Arabie Saoudite, pour empêcher l’Irak, d’aller plus loin, puisque personne ne connaissait encore ses intentions. Le rapport des forces était alors d’un contre cinq, et l’Irak n’aurait pas eu de difficultés pour aller plus loin.
  2. L’embargo, et l’histoire le prouvera plus tard, a fait plus de mal qu’on ne le croit, car la machine de guerre est quand même très tributaire de l’économie.
  3. La montée en puissance d’un dispositif d’offensive, au début du mois de décembre, qui était d’abord d’intimidation, annonçait déjà une offensive pour la libération du Koweït.

Le Pentagone, adopterait-il ses plans déjà établis depuis très longtemps, pour un quelconque conflit au Golfe ? Aurait-il recours aux armes conventionnelles ou autres ? Reprendra-t-il ses comptes tant que cette fois, il confronte la 4ème armée au monde après les Etats-Unis, l’URSS et la Chine, cette armée qui s’était bien battue contre l’Iran?

Napoléon a gagné à Austerlitz et perdu à Waterloo pour les mêmes raisons. Dans le premier cas, son génie tactique n’est pour rien dans son éclatante victoire. Dans le second cas, le revers de Groutchy, battu au poteau par la cavalerie du prussien Blucher, est totalement étranger à sa défaite.

En réalité, à Austerlitz, les troupes de l’empereur se sont retrouvées dans un rapport de forces écrasant, à trois contre un, et, à Waterloo, ce rapport s’est inversé. D’où sa déroute. Tout le reste n’est que littérature. Moralité : pour remporter une victoire et gagner à coup sûr les batailles, il faut s’entourer d’une garantie. La seule qui, à travers les siècles, a eu en permanence la préférence des généraux : faire la guerre, certes, mais à trois contre un. Dans le cas contraire, s’abstenir tant que les corps de bataille assurant cette supériorité n’ont pas été rassemblés.

Tel est l’enseignement dispensé dans la plupart des écoles de guerre étrangères de la planète, principalement celles des Soviétiques.

Le Pentagone américain a été confronté aux mêmes incertitudes. Certes, ni la crise du Golfe ni le théâtre des opérations, ni les armées et les armes mises en présence de part et d’autre ne rappellent Austerlitz ou encore Waterloo. Mais la chose qui est claire, c’est qu’une autre garantie a été adoptée par les généraux de la Coalition ; la grande différence dans le rapport de la "High Tech".

Malgré cette "garantie", Colin Powell, le chef d’état-major interarmes à Washington, et Norman Schwarzkopf ont beaucoup insisté auprès du président américain pour que le déploiement des forces dans le Golfe soit, contrairement à ce qui s’est passé au Vietnam, massif et prompt. Ils ont fini par établir un rapport de force d’un contre un.

Quel est le volume des deux clans ?
Irak
: 540000 hommes avec 5500 chars dont 1000 T-72
Coalition : 580000 hommes avec 2500 chars dont 1200 Abrams.

Quels sont les pays qui ont formé la coalition ?

Allemagne
Arabie Saoudite
Argentine
Australie
Bengladesh
Belgique
Bulgarie
Canada
Danemark
Egypte
Espagne

Etats-Unis
France
Grèce
Honduras
Italie
Koweït

Maroc
Niger
Norvège
Nouvelle-Zélande
Pakistan

Pays-Bas
Royaume-Uni
Sénégal
Sierra Leone
Syrie
Turquie
Conseil de Coopération
du Golfe

Quels sont les pays qui ont contribué à la guerre?

Corée du Sud
Hongrie
Japon
Pologne
Portugal
Singapour
Sri Lanka
Suède
Tchécoslovaquie

Les principales participations au sein des armées coalisées :

Les Etats-Unis
472 000 hommes
Armée de terre
Marines
Navy
Air Force
280 000 hommes
90 000 hommes
60 000 hommes
42 000 hommes
La Grande Bretagne
La France
L’Arabie Saoudite
L’Egypte
La Syrie
Conseil de Coop. du Golfe
Le Pakistan
Le Koweït
Le Maroc
Le Bengladesh

40 000 hommes
14 000 hommes
45 000 hommes
35 000 hommes
20 000 hommes
15 000 hommes
11 000 hommes
7 000 hommes
17 000 hommes
2 000 hommes