Il
existe deux méthodes pour détruire un char: l’attaque
terrestre ou l’attaque aérienne. Voici en résumé,
la liste des mille et un moyens de détruire un char...
LES MOYENS
TERRESTRES
Les chars eux-mêmes
La mission première d’un char est d’occuper
rapidement le terrain adverse, et ensuite d’y tenir, coûte que
coûte. Son adversaire principal est donc le char ennemi. L’armée
qui possède le char le mieux blindé, doté du
canon le plus puissant, des obus les plus performants, du matériel
de vision de nuit et de détection infrarouge, et, enfin l’engin
le plus "véloce" et connaissant le moins de pannes
dans cette catégorie des véhicules "super lourds",
prendra rapidement l’avantage. Les forces de la Coalition possèdent,
un net avantage technique avec leur chars M1 Abrams, Challenger, et
AMX 30 B2, qui ont été équipés pour la
circonstance des derniers perfectionnements électroniques.
Ces chars tirent en effet des "Obus flèches" à
énergie cinétique, dont la pointe durcie en matériau
à base d’uranium appauvri, pulvérise tous les blindages.
Le principe de l’obus flèche est le suivant : c’est une munition
stabilisée par empennage sous calibre dont le sabot de lancement
se prépare en morceaux et dont la flèche transperce
le blindage. Cet obus n’explose pas, contrairement aux charges creuses.
Il provoque des trous d’un diamètre de quelque 50 cm, quelque
soit la position du char adverse.
L’artillerie
Elle devient aussi un adversaire redoutable pour
le char. Les Américains possèdent des obus "intelligents"
du type Copperhead. Cette munition de 155 mm, que peuvent tirer tous
les canons de ce calibre déployés dans le désert,
est l’exemple des armes "intelligentes" du champ de bataille
terrestre. Récemment entré en dotation dans l’armée
américaine, cet obus ne peut pas être tiré plus
loin qu’une charge classique, il ne dépasse pas 18 km de portée.
Mais son principe a de quoi inquiéter l’ennemi : à l’aide
d’un "désignateur laser" embarqué à
bord d’un avion sans pilote, d’un hélicoptère ou manipulé
par un fantassin, la cible est "illuminée"; grâce
au système optique installé dans l’obus et à
une dose convenable d’électronique, il fait mouche à
95%.
Les missiles
Autre arme très dangereuse pour le char: le
missile portatif d’infanterie. Avec le Milan et l’Eryx, les forces
alliées ont de bons atouts. Le système Milan comporte
un poste de tir qui permet d’effectuer la visée, le lancement
et le guidage du missile de nuit comme de jour. Le missile proprement
dit (le poste de tir pèse 16kg, La munition 11Kg) perce plus
d’un mètre d’acier homogène. Il est servi par une équipe
de deux hommes seulement. Efficacité reconnue par ses utilisateurs:
100% entre 300 m et 2 Km. Plusieurs centaines de missiles de ce genre
équipent les forces alliées.
Les mines
Aussi nombreuses que diversifiées, les mines
sont soit plantées manuellement, soit semées par l’aviation
ou par l’artillerie. Elles sont utilisées par les défenseurs
pour empêcher l’avance des chars, et par les attaquants, qui
les dispersent derrière les lignes de défense, pour
éliminer toute tentative de repli ou de manœuvre retardataire.
Chez les Alliés, pour faire sauter les mines les sapeurs utilisent
le destructeur de mines MICLIC qui est une puissante charge anti-mines
composée de 800 Kg d’explosifs C4, du fait qu’elle est répartie
dans un tuyau de Nylon de près de 110 mètres de long.
Amenée en bordure des champs de mines ennemis dans une petite
remorque tractée par un blindé M2-Bradley, la charge
est ensuite traînée par un petit moteur-fusée,
et explose, après s’être déployée au sol.
L’énorme surpression alors provoquée par l’explosion
fait sauter toutes les mines enterrées, dégageant ainsi
un passage de 100 mètres de long et de 13 mètres de
large. L’engin similaire britannique est baptisé "Giant
Viper ". D’autres chars lourds M1,qui sont destinés
à précéder les pelotons de combat, sont équipés
de matériel de destruction de mines: un gros rouleau métallique
reproduisant la pression d’un char. Des chars français AMX
télécommandés poussent chacun devant lui 6 rouleaux
d’acier de 1 tonne chacun: Ce sont "les moissonneuses-batteuses",
pour ouvrir des passages dans les champs de mines! Reste le moyen
le plus efficace, mais le plus destructif: les F.A.E. (fuel air explosive),
d’effrayantes bombes à effet de souffle gigantesque, faisant
sauter les champs de mines, les fortifications, et étouffant
les défenseurs, même abrités au fond des bunkers.
LES MOYENS
AERIENS
Plus encore que les chars et l’artillerie, ce sont
les hélicoptères et certains types d’avions d’attaques
au sol qui sont les véritables chasseurs de blindés.
Les hélicoptères
antichars
Ils ont un rôle de plus en plus prépondérant
dans la lutte antichar. Deux types d’engins actuellement sur le théâtre
d’opérations sont représentatifs de cette race d’hélicoptères
traqueurs de chars:
L’AH 64A Apache
américain est la pièce maîtresse de cette lutte
antichar. Pesant de 6,5 à 7,8 tonnes selon les missions, il
peut emporter, outre des réservoirs supplémentaires,
un impressionnant arsenal d’armement comprenant 16 missiles Hellfire
(fire and forget) à guidage infrarouge ou soixante dix roquettes
et 1200 obus de 30 mm. Il a bien sûr une capacité de
combat de nuit grâce à son radar millimétrique
installé au-dessus du mât du rotor, qui permet de guider
les missiles comme en plein jour.
Le SA 342 L1 Gazelle
français, système d’arme diurne et nocturne (avec son
viseur Vénus et ses jumelles à intensification de lumière)
possède, grâce à sa petitesse et à sa bonne
motorisation, de grandes qualités de furtivité et de
manœuvrabilité. Il est équipé de quatre missiles
antichars Hot à longue portée. Ce missile, plus lourd
que le Milan (32 Kg), a lui aussi une probabilité de coup au
but voisine de 100% de 500 mètres à 4 Km. Il peut percer
plus de 1,20 m de blindage d’acier homogène.
Les forces alliées
ont en outre à leur disposition d’autres hélicoptères
antichars comme le Cobra ou le Lynx. Au total, le potentiel de première
frappe de cette flotte d’hélicoptères s’élève
à plus de 4000 chars...
Les avions
d’attaque au sol
Ce sont eux aussi de terribles chasseurs de
blindés. Leur arsenal comporte des bombes au napalm (sorte
de réservoirs contenant un pétrole spécial très
volatile) qui peuvent embraser et "griller" des zones très
étendues, parfois de plusieurs centaines de mètres carrés,
des bombes à dispersion de mines et de grenades pouvant neutraliser,
là encore, de grandes concentrations de chars, et bien sûr,
des missiles spécialisés pour ce genre de combat.
Les avions Jaguar
français, Tornado britanniques, F 111, F 16, Corsair, Harrier
II et Avenger américains ont la capacité d’intervenir
dans ce genre d’attaque. Mais ce rôle est dévolu à
la plus fantastique machine de guerre aérienne antichar jamais
conçue par l’homme, le " Fairchild Republic "
A 10 " Thunderbolt ", surnommé "Tank
Buster".
Spécialement
étudié pour ce genre de mission, blindé lui aussi
comme son adversaire, d’une masse maximale de 22,6 tonnes, d’une vitesse
assez faible de 600 km/h (mais là, la vitesse n’est pas essentielle),
il peut à lui seul détruire une vingtaine de chars en
quelques passes aériennes. Son canon " General Electric "
GAU 8/A est de loin le plus lourd et le plus puissant jamais utilisé
sur un avion de combat. Sans compter le magasin à munitions,
ce canon a une longueur de 6,40 m.
L’avion lui même
a été étudié et construit autour de ce
canon. Disposant d’obus dont la charge propulsive est beaucoup plus
importante que celle des autres armes de 30 mm, cet engin possède
une vitesse initiale à la bouche de 1065 m/s et une cadence
de tir de 4100 coups/minute. La munition, qui a une enveloppe légère,
comporte en son sein un noyau d’uranium appauvri capable de percer
les blindages les plus modernes. Curiosité: Ce canon est incliné
d’environ deux degrés pour éviter un certain tangage
longitudinal lorsque le pilote ouvre le feu...
Le Thunderbolt
possède sous les ailes onze pylônes capables de recevoir
une charge offensive maximale de 6,5 tonnes composée au choix
de missiles "intelligents" Wasp, de bombes guidées
par laser Paveway II et toute une panoplie de bombes à fragmentations.
L’unanimité
était totale chez les experts militaires: quand les forces
alliées parviendraient à faire sortir les blindés
irakiens de leurs tanières, ceux-ci ne devraient pas tenir
longtemps!.
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