Biographie


 

CHAPITRE 9

LES ARMES QUE LES CHARS REDOUTENT

 

Il existe deux méthodes pour détruire un char: l’attaque terrestre ou l’attaque aérienne. Voici en résumé, la liste des mille et un moyens de détruire un char...

LES MOYENS TERRESTRES

Les chars eux-mêmes
La mission première d’un char est d’occuper rapidement le terrain adverse, et ensuite d’y tenir, coûte que coûte. Son adversaire principal est donc le char ennemi. L’armée qui possède le char le mieux blindé, doté du canon le plus puissant, des obus les plus performants, du matériel de vision de nuit et de détection infrarouge, et, enfin l’engin le plus "véloce" et connaissant le moins de pannes dans cette catégorie des véhicules "super lourds", prendra rapidement l’avantage. Les forces de la Coalition possèdent, un net avantage technique avec leur chars M1 Abrams, Challenger, et AMX 30 B2, qui ont été équipés pour la circonstance des derniers perfectionnements électroniques. Ces chars tirent en effet des "Obus flèches" à énergie cinétique, dont la pointe durcie en matériau à base d’uranium appauvri, pulvérise tous les blindages. Le principe de l’obus flèche est le suivant : c’est une munition stabilisée par empennage sous calibre dont le sabot de lancement se prépare en morceaux et dont la flèche transperce le blindage. Cet obus n’explose pas, contrairement aux charges creuses. Il provoque des trous d’un diamètre de quelque 50 cm, quelque soit la position du char adverse.

L’artillerie
Elle devient aussi un adversaire redoutable pour le char. Les Américains possèdent des obus "intelligents" du type Copperhead. Cette munition de 155 mm, que peuvent tirer tous les canons de ce calibre déployés dans le désert, est l’exemple des armes "intelligentes" du champ de bataille terrestre. Récemment entré en dotation dans l’armée américaine, cet obus ne peut pas être tiré plus loin qu’une charge classique, il ne dépasse pas 18 km de portée. Mais son principe a de quoi inquiéter l’ennemi : à l’aide d’un "désignateur laser" embarqué à bord d’un avion sans pilote, d’un hélicoptère ou manipulé par un fantassin, la cible est "illuminée"; grâce au système optique installé dans l’obus et à une dose convenable d’électronique, il fait mouche à 95%.

Les missiles
Autre arme très dangereuse pour le char: le missile portatif d’infanterie. Avec le Milan et l’Eryx, les forces alliées ont de bons atouts. Le système Milan comporte un poste de tir qui permet d’effectuer la visée, le lancement et le guidage du missile de nuit comme de jour. Le missile proprement dit (le poste de tir pèse 16kg, La munition 11Kg) perce plus d’un mètre d’acier homogène. Il est servi par une équipe de deux hommes seulement. Efficacité reconnue par ses utilisateurs: 100% entre 300 m et 2 Km. Plusieurs centaines de missiles de ce genre équipent les forces alliées.

Les mines
Aussi nombreuses que diversifiées, les mines sont soit plantées manuellement, soit semées par l’aviation ou par l’artillerie. Elles sont utilisées par les défenseurs pour empêcher l’avance des chars, et par les attaquants, qui les dispersent derrière les lignes de défense, pour éliminer toute tentative de repli ou de manœuvre retardataire. Chez les Alliés, pour faire sauter les mines les sapeurs utilisent le destructeur de mines MICLIC qui est une puissante charge anti-mines composée de 800 Kg d’explosifs C4, du fait qu’elle est répartie dans un tuyau de Nylon de près de 110 mètres de long. Amenée en bordure des champs de mines ennemis dans une petite remorque tractée par un blindé M2-Bradley, la charge est ensuite traînée par un petit moteur-fusée, et explose, après s’être déployée au sol. L’énorme surpression alors provoquée par l’explosion fait sauter toutes les mines enterrées, dégageant ainsi un passage de 100 mètres de long et de 13 mètres de large. L’engin similaire britannique est baptisé "Giant Viper ". D’autres chars lourds M1,qui sont destinés à précéder les pelotons de combat, sont équipés de matériel de destruction de mines: un gros rouleau métallique reproduisant la pression d’un char. Des chars français AMX télécommandés poussent chacun devant lui 6 rouleaux d’acier de 1 tonne chacun: Ce sont "les moissonneuses-batteuses", pour ouvrir des passages dans les champs de mines! Reste le moyen le plus efficace, mais le plus destructif: les F.A.E. (fuel air explosive), d’effrayantes bombes à effet de souffle gigantesque, faisant sauter les champs de mines, les fortifications, et étouffant les défenseurs, même abrités au fond des bunkers.

LES MOYENS AERIENS
Plus encore que les chars et l’artillerie, ce sont les hélicoptères et certains types d’avions d’attaques au sol qui sont les véritables chasseurs de blindés.

Les hélicoptères antichars
Ils ont un rôle de plus en plus prépondérant dans la lutte antichar. Deux types d’engins actuellement sur le théâtre d’opérations sont représentatifs de cette race d’hélicoptères traqueurs de chars:

L’AH 64A Apache américain est la pièce maîtresse de cette lutte antichar. Pesant de 6,5 à 7,8 tonnes selon les missions, il peut emporter, outre des réservoirs supplémentaires, un impressionnant arsenal d’armement comprenant 16 missiles Hellfire (fire and forget) à guidage infrarouge ou soixante dix roquettes et 1200 obus de 30 mm. Il a bien sûr une capacité de combat de nuit grâce à son radar millimétrique installé au-dessus du mât du rotor, qui permet de guider les missiles comme en plein jour.

Le SA 342 L1 Gazelle français, système d’arme diurne et nocturne (avec son viseur Vénus et ses jumelles à intensification de lumière) possède, grâce à sa petitesse et à sa bonne motorisation, de grandes qualités de furtivité et de manœuvrabilité. Il est équipé de quatre missiles antichars Hot à longue portée. Ce missile, plus lourd que le Milan (32 Kg), a lui aussi une probabilité de coup au but voisine de 100% de 500 mètres à 4 Km. Il peut percer plus de 1,20 m de blindage d’acier homogène.

Les forces alliées ont en outre à leur disposition d’autres hélicoptères antichars comme le Cobra ou le Lynx. Au total, le potentiel de première frappe de cette flotte d’hélicoptères s’élève à plus de 4000 chars...

Les avions d’attaque au sol
Ce sont eux aussi de terribles chasseurs de blindés. Leur arsenal comporte des bombes au napalm (sorte de réservoirs contenant un pétrole spécial très volatile) qui peuvent embraser et "griller" des zones très étendues, parfois de plusieurs centaines de mètres carrés, des bombes à dispersion de mines et de grenades pouvant neutraliser, là encore, de grandes concentrations de chars, et bien sûr, des missiles spécialisés pour ce genre de combat.

Les avions Jaguar français, Tornado britanniques, F 111, F 16, Corsair, Harrier II et Avenger américains ont la capacité d’intervenir dans ce genre d’attaque. Mais ce rôle est dévolu à la plus fantastique machine de guerre aérienne antichar jamais conçue par l’homme, le " Fairchild Republic " A 10 " Thunderbolt ", surnommé "Tank Buster".

Spécialement étudié pour ce genre de mission, blindé lui aussi comme son adversaire, d’une masse maximale de 22,6 tonnes, d’une vitesse assez faible de 600 km/h (mais là, la vitesse n’est pas essentielle), il peut à lui seul détruire une vingtaine de chars en quelques passes aériennes. Son canon " General Electric " GAU 8/A est de loin le plus lourd et le plus puissant jamais utilisé sur un avion de combat. Sans compter le magasin à munitions, ce canon a une longueur de 6,40 m.

L’avion lui même a été étudié et construit autour de ce canon. Disposant d’obus dont la charge propulsive est beaucoup plus importante que celle des autres armes de 30 mm, cet engin possède une vitesse initiale à la bouche de 1065 m/s et une cadence de tir de 4100 coups/minute. La munition, qui a une enveloppe légère, comporte en son sein un noyau d’uranium appauvri capable de percer les blindages les plus modernes. Curiosité: Ce canon est incliné d’environ deux degrés pour éviter un certain tangage longitudinal lorsque le pilote ouvre le feu...

Le Thunderbolt possède sous les ailes onze pylônes capables de recevoir une charge offensive maximale de 6,5 tonnes composée au choix de missiles "intelligents" Wasp, de bombes guidées par laser Paveway II et toute une panoplie de bombes à fragmentations.

L’unanimité était totale chez les experts militaires: quand les forces alliées parviendraient à faire sortir les blindés irakiens de leurs tanières, ceux-ci ne devraient pas tenir longtemps!.

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